Spécial COP 24 : Bilan de ces deux semaines

Quel bilan peut-on dresser de ces deux semaines de débats et de conférences à Katowice ?

Force est de constater que les événements nationaux et internationaux ont largement occulté les propos et la portée de cette 24ème conférence sur le climat.  

Si la prise de conscience est réelle, sa réalisation par des actions concrètes se heurte à une inertie manifeste. Plusieurs raisons à cela : 

Des raisons psychologiques tout d’abord : comme le souligne le psychiatre norvégien Per Espen Stoknes, (Cf. Brève et lien), la dissonance cognitive, c’est-à-dire la barrière mentale empêchant de rationaliser une réalité anxiogène, peut expliquer le phénomène à l’échelle individuelle. 

Des raisons sociales ensuite : les manifestations récentes des Gilets Jaunes ont vu émerger des slogans de type « C’est la fin du mois avant la fin du monde ». Cette préoccupation sociale immédiate n’est en soit pas critiquable mais témoigne d’une hiérarchie des urgences dans laquelle la question écologique n’est indéniablement pas prioritaire.

Des raisons économiques enfin : géostratégie, géoéconomie, et globalisation engendrent des positionnements étatiques diversement incompatibles avec une politique écologique déterminée :

  • Des pays européens muselés par des impératifs structurels (règle des 3% de déficit – dissonance inter-étatique à propos d’une politique écologique performante qui ne peut être prise à l’échelle d’un seul pays – divergences de moyens) ;
  • Des Etats Unis faisant état, depuis l’élection de Donald Trump, d’une forte politique protectionniste et d’un profond déni de l’urgence écologique ;
  • La Chine obnubilée par sa réussite économique au détriment de toute considération climatique ;
  • La montée du nationalisme et du populisme qui ne rime pas avec l’écologie, à l’instar de Jair Bolsonaro au Brésil et de ses prises de positions pour le moins ambiguës sur la forêt amazonienne ;
  • Des pays émergeants lancés dans une course au développement rapide et pour lesquelles les considérations environnementales sont accessoires ;
  • Et enfin des pays en développement, qui, bien que pour certains situés sur des terrains propices (Cf. brève Afrique), demeurent toujours suspendus à l’aide impérative d’autres nations qui tarde à venir.

Que faire d’un tel constat ?

Dans ces temps troublés, le levier individuel et citoyen semble donc être le seul capable de rappeler aux décideurs l’urgence de la situation et l’impérative prise en compte de cette priorité absolue. La discussion, le partage, le débat et toutes les formes possibles de mise en avant de ces préoccupations sont autant d’appels à la responsabilisation de tous.

À nous tous de garder vivante cette idée… L’Observatoire OCM s’y emploiera.

« À force de sacrifier l’essentiel pour l’urgence, on finit par en oublier l’urgence de l’essentiel » Edgard Morin

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