Décrochage scolaire et chômage : lequel est la conséquence de l’autre ?

Selon une étude récente du Cereq, le contexte économique d’une région en matière d’emploi influerait sur le décrochage scolaire. Autrement dit, en vulgarisant fortement le contenu de cette étude, le manque de débouchés et d’offres locales d’emplois aurait pour effet de décourager les jeunes et serait donc un facteur favorisant au processus de décrochage scolaire.

Le « décrochage scolaire » est défini de manière institutionnelle dans le code de l’Éducation. Celui-ci fixe une norme d’achèvement de la scolarité : les études secondaires. Le décrochage renvoie donc aux situations d’élèves ayant dépassé l’âge de la scolarité obligatoire sans avoir achevé avec succès leurs études secondaires.

Le décrochage est un processus multifactoriel qui combinent des facteurs individuels, scolaires, sociaux et contextuels[1]. Dès lors, l’étude de ce processus ne saurait être limitée à la focalisation d’un seul critère (famille monoparentale, Réseau d’éducation prioritaire, Zone urbaine sensible, etc.). L’étude du Cereq est particulièrement intéressante car elle met en lumière le fait que le décrochage scolaire dépend, au-delà des caractéristiques des individus, de celles du territoire en matière (sans surprise) du contexte éducatif territorial[2] MAIS AUSSI en matière d’emploi (contexte économique).

En effet, les caractéristiques des marchés du travail locaux peuvent avoir un impact direct sur le risque de décrochage scolaire. Ainsi, l’abondance des offres locales d’emploi ou au contraire le manque de débouchés peuvent l’une comme l’autre participer au processus de décrochage scolaire[3]. Parce que la majorité des décrocheurs sont issus de filières courtes de la voie professionnelle et que cette orientation vise une entrée rapide sur le marché du travail, on peut penser que ces jeunes sont particulièrement sensibles à la dynamique du marché du travail local. Autrement dit, un chômage élevé dans une zone donnée induirait des effets de découragement, les jeunes ne voyant plus d’utilité à l’investissement éducatif.

L’étude démontre que le taux de chômage des 15-24 ans est un facteur déterminant qui accroît le risque de décrocher. Lorsque ce taux augmente d’un point d’une zone d’emploi à l’autre, le risque de décrocher augmente de 11 %. Un chômage des jeunes élevé dans la zone d’emploi serait donc un facteur de décrochage plutôt que de poursuite. Parce qu’il traduit probablement de moindres débouchés, un taux de chômage élevé réduirait l’intérêt de leur investissement éducatif additionnel ; ainsi, les jeunes décrochent donc dans les zones où le taux de chômage est plus élevé.

Revue Cairn info

Article Cereq

[1] Bernard, 2011 ;

[2] Résider dans des zones où la norme sociale est à la poursuite d’études réduit le risque de décrochage, il en va de même dans les zones où les moyens donnés à l’éducation, l’apprentissage, etc. sont importants ;

[3] Glasman, 2014.

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